La littérature

Le terme « réalisme » vient du latin « realis » signifiant « réel ». Au sens large, une oeuvre réaliste s'applique à représenter les hommes et le monde tels qu'ils sont et non à travers l'imaginaire de son auteur. Le mouvement réaliste en littérature est ainsi apparu en France vers 1850. Ce mouvement consiste, en littérature, à " s'inspirer des méthodes de la science, de s'en tenir rigoureusement à l'étude et à la description des faits ". Il s’oppose ainsi au romantisme, jugé comme trop artificiel et donc dépourvu d’intérêt. Ce mouvement veut en effet faire de la littérature le reflet de la réalité en dépeignant la société. Stendhal, Flaubert, Maupassant, autant de noms qui se rattachent tous à la diffusion du Réalisme au XIXème siècle.

 

 

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Guy de Maupassant est né à Fécamp, en Normandie,  en août 1850. Il est élevé par sa mère, passionnée de littérature et amie de Flaubert. Celle-ci l’encourage et lui sert de guide dans ses lectures. C’est Gustave Flaubert qui aide Maupassant à devenir écrivain en lui donnant des conseils. Par l’intermédiaire de celui-ci, Maupassant rencontre les grands écrivains de l’époque : Zola où bien encore les frères Goncourt.

Après le succès de Boule-de-Suif, publié en 1880 et de La Maison Tellier en 1881, Maupassant abandonne son emploi dans un ministère et se consacre entièrement à l’écriture. Dès lors, il publie des recueils de nouvelles, des romans, tel que Pierre et Jean, et des articles dans les journaux.Mais peu à peu, Maupassant éprouve un sentiment de malaise et est victime d’hallucinations. Il tente de se suicider et est interné dans la maison de santé du Docteur Blanche. Il y meurt en juillet 1893.



 

 

 

 

Écrit durant l’été 1887, Pierre et Jean est le quatrième roman de Guy de Maupassant. Cette oeuvre est composée du récit, mais également d’une célèbre préface intitulée Le Roman dans laquelle Maupassant expose en quelques pages sa vision du roman. Nous avons étudié cette préface qui s'inscrit, comme le reste de l'oeuvre, dans le mouvement littéraire Réaliste.

 

 

Préface de Pierre et Jean

 

 

Je n'ai point l'intention de plaider ici pour le petit roman qui suit. Tout au contraire, les idées que je vais essayer de faire comprendre entraîneraient plutôt la critique du genre d'étude psychologique que j'ai entrepris dans Pierre et Jean.

Je veux m'occuper du Roman en général.

Je ne suis pas le seul à qui le même reproche soit adressé par les mêmes critiques, chaque fois que paraît un livre nouveau.

Au milieu des phrases élogieuses, je trouve régulièrement celle-­ci sous les mêmes plumes :

Le plus grand défaut de cette oeuvre, c'est qu'elle n'est pas un roman à proprement parler.

On pourrait répondre par le même argument :

Le plus grand défaut de l'écrivain qui me fait l'honneur de me juger, c'est qu'il n'est pas un critique.

Quels sont en effet les caractères essentiels du critique ?

Il faut que, sans parti pris, sans opinions préconçues, sans idées d'école, sans attaches avec aucune famille d'artistes, il comprenne, distingue et explique toutes les tendances les plus opposées, les tempéraments les plus contraires, et admette les recherches d'art les plus diverses.

Or, le critique qui, après Manon Lescaut, Paul et Virginie, Don Quichotte, Les Liaisons dangereuses, Werther, Les Affinités électives, Clarisse Harlowe, Emile, Candide, Cinq ­Mars, René, Les Trois Mousquetaires, Mauprat, Le Père Goriot, La Cousine Bette, Colomba, Le Rouge et le Noir, Mademoiselle de Maupin, Notre­Dame de Paris, Salammbô, Madame Bovary, Adolphe, Monsieur de Camors, L'Assommoir, Sapho, etc., ose encore écrire : « Ceci est un roman et cela n'en est pas un », me paraît doué d'une perspicacité qui ressemble fort à de l'incompétence.

Généralement ce critique entend par roman une aventure plus ou moins vraisemblable, arrangée à la façon d'une pièce de théâtre en trois actes dont le premier contient l'exposition, le second l'action et le troisième le dénouement.

Cette manière de composer est absolument admissible à la condition qu'on acceptera également toutes les autres.

Existe-­t-­il des règles pour faire un roman, en dehors desquelles une histoire écrite devrait porter un autre nom ?

Si Don Quichotte est un roman, Le Rouge et le Noir en est-­il un autre ? Si Monte­Cristo est un roman, L'Assommoir en est-­il un ? Peut-­on établir une comparaison entre les Affinités électives de Goethe, Les Trois Mousquetaires de Dumas, Madame Bovary de Flaubert, M. de Camors de M. O. Feuillet et Germinal de M. Zola ? Laquelle de ces oeuvres est un roman ? Quelles sont ces fameuses règles ? D'où viennent-­elles ? Qui les a établies ? En vertu de quel principe, de quelle autorité et de quels raisonnement ?

Il semble cependant que ces critiques savent d'un façon certaine, indubitable, ce qui constitue un roman et ce qui le distingue d'un autre qui n'en est pas un. Cela signifie tout simplement que, sans être des producteurs, ils sont enrégimentés dans une école, et qu'ils rejettent, à la façon des romanciers eux-­mêmes, toutes les oeuvres conçues et exécutées en dehors de leur esthétique.

Un critique intelligent devrait, au contraire, rechercher tout ce qui ressemble le moins aux romans déjà faits, et pousser autant que possible les jeunes gens à tenter des voies nouvelles.

 Tous les écrivains, Victor Hugo comme M. Zola, ont réclamé avec persistance le droit absolu, droit indiscutable de composer, c'est-­à­-dire d'imaginer ou d'observer, suivant leur conception personnelle de l'art. Le talent provient de l'originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger. Or, le critique qui prétend définir le Roman suivant l'idée qu'il s'en fait d'après les romans qu'il aime, et établir certaines règles invariables de composition, luttera toujours contre un tempérament d'artiste apportant une manière nouvelle. Un critique, qui mériterait absolument ce nom, ne devrait être qu'un analyste sans tendances, sans préférences, sans passions, et, comme un expert en tableaux, n'apprécier que la valeur artiste de l'objet d'art qu'on lui soumet. Sa compréhension, ouverte à tout, doit absorber assez complètement sa personnalité pour qu'il puisse découvrir et vanter les livres mêmes qu'il n'aime pas comme homme et qu'il doit comprendre comme juge.

Mais la plupart des critiques ne sont, en somme, que des lecteurs, d'où il résulte qu'ils nous gourmandent presque toujours à faux ou qu'ils nous complimentent sans réserve et sans mesure.

Le lecteur qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l'écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit l'ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise; triste, rêveuse ou positive.

En somme, le public est composé de groupes nombreux qui nous crient :

Consolez-­moi. Amusez-­moi. Attristez-­moi. Attendrissez-­moi. Faites-­moi rêver.­ Faites-­moi rire. Faites­-moi frémir. Faites-­moi pleurer.­ Faites-­moi penser. Seuls, quelques esprits d'élite demandent à l'artiste : Faites-­moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.

L'artiste essaie, réussit ou échoue.

 

Guy de Maupassant (1887)

 


 

Dans cette préface, l'auteur pose la question de la place du romancier, il s'interroge, il se demande, ce qu'est après tout un écrivain.

Ainsi, il affirme que le romancier, doit se montrer libre, il n'est pas forcément obligé de se "ranger" derrière un mouvement littéraire spécifique, puis respecter toutes les normes mises en place par ce mouvement, mais qu'au contraire, il peut se trouver à cheval, entre deux mouvements puis utiliser des choix esthétiques, propres à ces deux mouvements. En d'autres termes, le romancier doit avoir toutes les cartes en main, pour pouvoir faire exactement, ce qu'il souhaite.

Par ailleurs, Maupassant affirme que l'écrivain a pour but de chercher le mot le plus juste dans la phrase, en fonction de ce qu'il veut exprimer et qu'il se doit également de créer du rythme et des tensions entres les phrases, c'est de cette manière qu'il voit le romancier.

Malgré un avis partagé sur la question d’appartenance à un genre littéraire, nous pouvons affirmer que Pierre et Jean appartient au mouvement Réaliste. Le bon nombre de descriptions et de précisions (produisant l'effet de réel) permettent effectivement d'affirmer que l'auteur avait la volonté de raconter "la vérité, rien que la vérité et toute la vérité".

 

 

 

 

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Gustave Flaubert est né à Rouen en décembre 1821. Il est le fils du chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen. Il se réfugie assez vite dans la littérature. Après le baccalauréat, il commence des études de droit. En 1844, il y renonce en raison d’une maladie nerveuse et s’installe à Croisset en 1846. Il mène alors une vie de solitaire mais séjourne régulièrement à Paris.

En 1849, il voyage en Orient. À son retour, il commence à écrire Madame Bovary (parution en 1857). Il est poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs, mais il est finalement acquitté. Après le succès de Salammbô en 1862, la publication en 1869 de L’Éducation sentimentale ne remporte pas un grand succès. Flaubert connaît alors des soucis d’ordre financier et sa maladie nerveuse l’épuise. Gustave Flaubert décède en mai 1880 à la suite d’une hémorragie cérébrale.


 

 

 

Oeuvre principale

 

Madame Bovary

 

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Madame Bovary est un roman paru en 1857 dont le titre original est Madame Bovary, mœurs de province.  Flaubert commence le roman en 1851 et y travaille pendant cinq ans, jusqu’en 1856. À partir d’octobre, le texte est publié dans la Revue de Paris sous la forme de feuilleton. En février 1857, le gérant de la revue, l’imprimeur et Gustave Flaubert sont jugés pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Gustave Flaubert est en effet blâmé pour « le réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture des caractères » mais est acquitté. Le roman connaîtra un important succès en librairie.


Madame Bovary reflète des aspects réalistes mais aussi des aspects romantiques. En effet, même lorsque Gustave Flaubert entend écrire sur un sujet ordinaire, il renonce au réalisme pur  en l'associant au genre Romantique. L’auteur affirme par exemple : « Ma pauvre Bovary souffre et pleure dans vingt villages de France », preuve qu’il ne s’agit plus d’une simple représentation réaliste. L’auteur se situe exactement à un moment critique de son époque, héritant du siècle romantique. Épurant le romantisme de ses excès, il construit une certaine justesse dans le récit, ouvrant la voie au roman moderne.

 

 

 

 

 

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Stendhal (en réalité Henri Beyle) est né le 23 janvier 1783 à Grenoble. On retient que c’est surtout son grand-père qui lui a apporté affection et éducation et qu’il avait peu d’affinité avec son père. À l’âge de dix-sept ans, Stendhal s’engage dans l’armée et cette carrière lui fait découvrir l’Italie, pays qu’il aime particulièrement. En 1817, il s’en va pour  Milan où il se consacre à ses passions (théâtre, concerts, musées, etc.).

 De retour à Paris en 1821, il fréquente de nombreux salons littéraires puis entreprend l’écriture de Le Rouge et le Noir en 1830 qui est par ailleurs le premier roman à décrire de façon subtile la réalité sociale de son temps  Il débute par la suite la rédaction de Lucien Leuwen, qu’il ne terminera pas. Stendhal meurt le 23 mars 1842 à Paris.

 

 

 

 

 

Oeuvre principale

 

Le Rouge et le Noir

 

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Le Rouge et le Noir est écrit et publié à Paris en 1830. C'est le deuxième et le plus grand roman de Stendhal. Julien Sorel, le héros principal du livre, est représentatif de son époque en un certain sens, le héros d'une France révoltée et révolutionnaire. Le roman compte deux parties : la première retrace le parcours de Julien Sorel dans la petite ville de Verrières tandis que la seconde se concentre sur la vie du héros à Paris.

Le roman est bel et bien réaliste car il est en partie inspiré de faits réels : L'affaire Berthet (1827), qui représente la première source d'inspiration de Stendhal. Berthet, jeune fils d'un artisan a été jugé et condamné à mort pour avoir assassiné en pleine messe son ancienne maîtresse, l'épouse d'un notable qui l'avait engagé comme précepteur de ses enfants.  Le roman retrace ainsi le parcours de Julien Sorel, un paysan qui devient précepteur chez Madame de Rênal dont il tombe amoureux.

Le Rouge et le Noir est également un roman historique, car Stendhal tente de dévoiler les coulisses de la révolution de 1830 en dénonçant la structure sociale de la France de l'époque, les oppositions entre Paris et la province, et surtout entre noblesse et bourgeoisie.

 

 

 

 

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 Honoré de Balzac est né le 20 mai 1799 à Tours d’où il est issu d’une famille bourgeoise. A huit ans, Balzac fut envoyé au collège de Vendôme où il sera pensionnaire. Il vécut une expérience traumatisante qui donna lieu à l'œuvre Louis Lambert en 1832. Au début, Balzac était destiné à la carrière de notaire selon les souhaits de sa mère. Cependant, en 1818, il avoua à ses parents qu'il désirait devenir écrivain et il bénéficia d'une année pour mettre à l'épreuve sa nouvelle vocation. Cromwell fut le premier essai qu'il écrivit mais cette tragédie ne reçut que peu d'encouragements par la famille et les amis.

 Dès lors, il ne vécut que pour la littérature. C’est ainsi que Honoré de Balzac devient l’un des maîtres incontestés du roman français dont il a abordé plusieurs genres : le roman historique / politique, avec Les Chouans (1829, le roman fantastique avec La Peau de chagrin (1831), le roman poétique avec Le Lys dans la vallée (1836). Mais ses romans réalistes les plus célèbres comme Le Père Goriot (1835) ou Eugénie Grandet (1833), lui ont valu la classification d’ « auteur réaliste ». Gravement malade, Balzac meurt le 18 août 1850 à Paris.

 

 

 

Oeuvre principale

 

 

Le père Goriot

 

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Le Père Goriot est un roman dont la publication débute dans la Revue de Paris et qui paraît en 1835 en librairie. Cette oeuvre aborde le thème de l'amour paternel poussé jusqu'à l’extrême. Elle donne aussi une vision globale de la société parisienne sous toutes ses couches sociales, depuis les plus démunies jusqu'aux plus élevées. L’ambition et la nécessité de la réussite dans le milieu mondain est le principal aspect représenté dans l'oeuvre de Balzac. Le père Goriot est une des œuvres caractéristiques du Réalisme.

 

 

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