La peinture

Le réalisme en peinture a une approche de l'art dans lequel les sujets sont dépeints avec la plus grande franchise possible, sans les idéaliser et sans artifices.Les sujets traités représentent le plus souvent la vie quotidienne du petit peuple en abordant des thèmes ordinaires alors jamais exprimés à travers l'art : travail, relations conjugales, affrontements sociaux etc... Ils sont ainsi une critique des conditions sociales. Le Réalisme en peinture décrète que tout évenement, objet, être, chose ou action est digne d'être un sujet pictural, et qu'il doit être rendu de manière véridique. Les trois principaux artistes français représentatifs du Réalisme sont Gustave Courbet, Honoré Daumier et Jean-François Millet. C'est ainsi que dans cette première partie, nous nous intéresserons à ces artistes peintres, qui ont su révolutionner l'art à travers leurs nombreuses oeuvres.


 


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Représentant le plus important du réalisme pictural français, Gustave Courbet naît à Ornans le 10 juin 1819. A l'âge de douze ans, il entre au petit séminaire d’Ornans où il reçoit un premier enseignement artistique puis intègre par la suite le collège royal de Besançon où, dans la classe des beaux-arts, il suit des cours de dessin.  Après des études médiocres qu’il abandonne, il part pour Paris en 1839 où il étudie la peinture dans divers ateliers mais, profondément anticonformiste, il préfère copier seul les maîtres du Louvre et réaliser des paysages dans la forêt de Fontainebleau.  

Après la Révolution de 1848, il rejette le sentimentalisme des romantiques, pour se faire le défenseur du "Réalisme" qui veut rendre compte de la réalité sociale (Les Casseurs de pierres, 1849 ; L'Enterrement à Ornans, 1850). Des œuvres qui déchaînent de violentes polémiques, telle que son oeuvre intitulée L’Origine du Monde (1866). Courbet meurt le 31 décembre 1877, laissant derrière lui pas moins de 87 œuvres qui lui auront valu le titre de chef de file du courant réaliste.

 

 

 

 

 

 

Un enterrement à Ornans

 

 

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1850. Huile sur toile

315cm x 668 cm

Musée d'Orsay, Paris, France

 

 

Un enterrement à Ornans a été peint entre 1849 et 1850 et fut dès sa parution l'objet d'une violente polémique. On a alors reproché au tableau sa vulgarité et les critiques ont accusé Courbet de peindre « le laid », « le trivial » et « l'ignoble ». L'Enterrement à Ornans devient vite une œuvre manifeste du Réalisme. En 1850, dans une époque sensible au contexte social, les artistes se détachent de la bourgeoisie qui rejette les nouvelles formes d’art.

La scène se déroule à Ornans, ville natale de Gustave Courbet, située dans le Doubs en Franche-Comté. Dans le tableau, on retrouve en arrière-plan l’importance accordée aux détails du paysage de la région, donnant une forme de vie à l'oeuvre et justifiant ainsi son appartenance au mouvement Réaliste.

Courbet divise les personnages de sa toile  en trois groupes : les officiants, les hommes et les femmes, et les sépare comme le voulait la tradition à l'église : les hommes à gauche et les femmes à droite. Les hommes portent des costumes noirs et plusieurs d'entre eux un chapeau haut de forme. Les femmes quant à elles portent des coiffes blanches et des capuches noires ; plusieurs d'entre elles tiennent un mouchoir blanc dans la main et pleurent le mort.

Le jeu des couleurs a notamment ici une grande importance. Outre l’omniprésence du noir et du blanc qui expriment le deuil, des couleurs vives figurent sur la toile : le rouge vermillon des hommes d'Eglise et des enfants de chœur, le jaune cuivré du vase du crucifix, les bas bleus, la culotte verte, et le gilet brun du révolutionnaire forment un contraste coloré avec le triste évènement qu'est l'enterrement.

 

 

 

 

L'Origine du monde

 

 

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1866. Huile sur toile

46cm x 55cm

Musée d'Orsay, Paris, France

 

 Gustave Courbet réalise L'Origine du monde  en 1866. Le tableau représente le sexe et le ventre d'une femme allongée nue sur un lit, les cuisses écartées. Il est cadré de sorte que l'on ne distingue pas le reste du corps.

À l'époque de la réalisation du tableau, le modèle préféré de Courbet est une jeune femme, Joanna Hiffernan, dite Jo.  En tout, Courbet réalisa quatre portraits de Jo. Elle fut vraisemblablement le modèle de L'Origine du monde.

Le XIXème siècle connut dans la représentation du nu deux acteurs principaux qui furent Courbet et Manet (peintre impressioniste). Courbet rejetait la peinture du nu idéalisé, s’attaquant ainsi à la bienséance et aux bonnes mœurs du Second Empire. Avec  L'Origine du monde, il s'autorise une franchise qui donne au tableau un aspect provocateur, alors source de nombreuses critiques. La représentation du sexe féminin n'est atténuée par aucun artifice.

Le tableau L'Origine du monde, désormais librement présenté, fait partie de l'histoire de la peinture moderne. 

 

 

 

 

 

 

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Jean-François Millet naît le 4 octobre 1814 au hameau de Gruchy en Normandie. Il est issu d'une famille d’agriculteurs, et malgré son pénible travail aux champs, il trouve le temps de dessiner et de lire. Son père comprend assez vite que la peinture est pour son fils aîné une véritable vocation : aidé financièrement par la municipalité de Cherbourg, il part à Paris en 1837.Millet se passionne très vite pour le Louvre où il passe d'interminables heures, et c'est là qu'il découvre Michel-Ange, ainsi que Delacroix, Poussin et Giorgione.  

Bouleversé comme tant d'autres artistes par la révolution de 1848, il devient "le peintre des paysans" dont il deviendra le « représentant » tout au long de sa vie d’artiste. Fuyant la terrible épidémie du choléra qui sévit à Paris en 1849, Jean-François Millet quitte la capitale pour s’installer à Barbizon où il s’émerveille pour les paysages et la peinture en plein air. Il ne quittera plus ce petit village ou il mourra le 20 janvier 1875.

 

 

 

 

L'Angélus

 

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1858. Huile sur toile

55.5cm x 66cm

Musée d'Orsay, Paris, France

 

 

L'Angélus a été peint en 1858 et s'inspire de l’enfance paysanne de Millet. Le peintre s'attache ici à représenter avec réalisme et délicatesse un aspect de la vie quotidienne des campagnes de son temps et qui retranscrit par ailleurs son enfance paysanne :

« L'Angélus est un tableau que j'ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l'angélus pour ces pauvres morts » disait le peintre.

Un homme et une femme récitent l'angélus, prière qui rappelle la salutation de l'ange à Marie lors de l'Annonciation. Ils ont interrompu leur récolte de pommes de terre et tous les outils, la fourche, le panier, les sacs et la brouette, sont représentés. C'est donc un souvenir d'enfance qui est à l'origine du tableau et non la volonté de représenter  une quelconque croyance religieuse (Millet n'est d'ailleurs pas pratiquant). Isolé au premier plan, leurs visages sont laissés dans l'ombre, tandis que la lumière souligne les gestes et les attitudes. La toile exprime ainsi un profond sentiment de recueillement.


 

 

 

 

 


 

 



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